Lundi 22 mai 2006

Reste à faire

URGECES: Contacter regardavous, ecriture text presentation pour la serrevolante, chois videos, invitations-mailing


Nome
collectif (lolo)

Choix Vidéos :
Bellaciao , i diritti negati, presagio, dipende dai punti di vista, Genova senza risposte, Genova città aperta
Sous-titrages:
Legittima difesa à finaliser
Deuxième vidéo si possible (mina transition, simo trad)
Sous-titres à intégrer (Lolo avec minidv ou mina avec regardeavu)
Création Dvd (mina regardavu)
Dates possibles:
17 juin, 18h-22h

Invitées:
commun: Samizdat, regardavu, bellaciao(?),  indyparis, cip-intermittents
mina: témoins de gênes (gwendal, alban, vincent), mailingliste bolzaneto, marina, lulu, florence
lolo:
simo: vaag, ratatouillons, Pierre 1dPhoto, Paddy, indy, oreste, Vincent-Anik collectif montreuil, robigaga, nolive+oolive, giles, jhon, helo&telebocal

Ecriture texte descriptif pour le collectif (mina)
Ecriture mail pour soirée

Grafika:
Affiche-tracte
choix photo (),
écriture text ()

Tecnique:
Projecteur, ampli, bafles, platine DVD, cablages
Sieges combien places dispo?
Bar:
Birra/Vino ?quanta
Menu: quices, pasta fredda, gatos, assietes, vesselle, cass
Production pour vente:
Cd-DVD avec vidéos , quelles vidéos on met ?
Segreteria peut ramener des t-shirt, cd-musique … ?

Bar achat bouteilles-bouffe tarte...

Achat 50 DVD

Présence de quelqu'un de la segreteria le jour de la projection ?
Guendal, Carlo …. Avocate mina, vincent

Fait

Lieu: LA SERRE VOLANTE - 52 rue Servan, 11e - Mo Saint-Maur.
01431400008
la-serre-volante@apinc.org http://la-serre-volante.no-ip.org
Lucie
0679784953 / 0175505806
lucielh@yahoo.com

Scarti

Locaux:
Cicp, 21 ter rue Voltaire paris XI
cip-idf,14-16 Quai de la Charente, 75019 Paris
Telebocal - goumen bis 2 bis, cité Aubry, 75020
sinonsquatts et lieux alter qui on participé au FRAP
FRICHE ET NOUS LA PAIX - 22 rue Dénoyez, 20e - Mo Belleville.
LE BARBIZON - 141 rue de Tolbiac, 13e - Mo Tolbiac.
JARDIN D'ECOBOX - 37 rue Pajol, 18e - Mo La-Chapelle ou Marx-Dormoy.
BIBLIOTHEQUE LA RUE - 18 rue Robert Planquette, 18e - Mo Blanche
ECOBOX - 33 rue Pajol, 11e - Mo La-Chapelle ou Marx-Dormoy.
Villa mais d'ici - 19 rue Sadi Carnot, Aubervilliers - Mo Quatre-Chemins
ou encore voit p'tre avec No Pasaran (si ca marche y'a tt un réseau nationnal, mais tu connais sans doute)
RESEAU NO PASARAN 21ter, rue Voltaire - 75011 Paris Tél. 06 11 29 02 15 nopasaran@samizdat.net
la gare experimentale porte de vanves

Par simo - Publié dans : Groupe de travail
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Vendredi 19 mai 2006

24/2/2005

Gênes : une mobilisation financière est urgente !

Le projet Supportolegale (Soutien légal), né grâce au travail collectif des activistes du réseau Indymedia et d’autres activistes italiens, poursuit avec son enquête, un très grand effort pour soutenir le Secrétariat légal et les avocats chargés des procès concernant le G8 de Gênes (y compris le procès de Cosenza) et les événements de Naples en mars 2001.

Une équipe d’activistes a accompli une énorme tache pour informer, pour travailler sur la communication et saisir tous les enjeux techniques et économiques par rapport aux procès.

Depuis trois ans, le Secrétariat légal de Gênes avec les avocats du Genova Legal Forum (depuis mars 2004 avec la coopération et l’assistance du Supportolegale) a obtenu des résultats importants : la mise en accusation des 28 policiers de l’opération « Diaz », la dénonciation de l’utilisation de barres de fer (à la place des matraques) de la part des forces de l’ordre, la confirmation de la tragique erreur lors de la première charge dans la Via Tolemaide. Ces résultats ont été obtenus grâce au travail acharné, ponctuel et minutieux du Secrétariat légal. La masse de matériaux à traiter ainsi que les nombreux procès ont requis un immense travail. Les procès sont en cours et, prochainement, une troisième grande « tranche » concernant les tortures subies dans la caserne de Bolzaneto va démarrer. Tout cela demande encore un très grand effort. Mais, la tache du Secrétariat légal coûte beaucoup d’argent : environ 12.000 euros par mois. Ceux qui étaient chargés de la collecte des sommes destinées au Comité Vérité et Justice pour Gênes, n’arrivent plus à faire face à des dépenses incontournables.

Supportolegale a promu différentes campagnes pour créer un fond afin de financer le GLF, en lui versant intégralement les sommes récoltées pour le travail du Secrétariat légal et les dépenses légales des procès, mais cela ne suffit pas ! Le travail, les donations plus ou moins importantes des activistes qui, en Italie, suivent de près les procès ne suffisent pas. Il est nécessaire, voir indispensable, que tous ceux qui étaient à Gênes, qui ont bâti leur carrière politique sur Gênes, se souviennent et se préoccupent des procès, des « traces » que Gênes traîne depuis juillet 2001.

Toutes les personnes, les associations, les groupes, les collectifs, les partis, les syndicats, les organisations qui ont participé à ce mouvement qui est descendu dans les rues de Gênes ne doivent pas oublier : s’il n’y a pas d’argent MAINTENANT le Secrétariat légal disparaîtra et avec lui tout l’immense travail que la défense a accompli jusqu’à ce jour. Cela veut dire :

- que 26 personnes seront très probablement condamnées à plusieurs années de prison, accusées de destruction et pillage,

- que les personnes torturées et massacrées dans l’école Diaz et à Bolzaneto ne pourront plus poursuivre les responsables des traitements inhumains subis et obtenir gain de cause.

Cela signifie aussi que l’histoire sera écrite dans les chambres des tribunaux, les mêmes qui ont justifié l’assassinat de Carlo Giuliani ; ils vont établir qu’à Gênes les manifestants sont les uniques responsables de ce qu’il leur est arrivé et que dans l’école Diaz et à Bolzaneto il ne s’est rien passé de si grave. Ils annonceront que beaucoup d’autres poursuites judiciaires contre les manifestants suivront, avec des condamnations exemplaires et disproportionnées (il faut avoir à l’esprit la conduite des PM Canepa et Canciani (les mêmes des procès de Gênes) contre les antifascistes milanais de l’O.R.So, ou contre les militants Marta, Milo, Orlando et Fede).

Les énergies investies par le réseau de solidarité de Supportolegale se focalisent spécialement sur les procès de Gênes et, d’autre part, se répartissent dans les procès en cours à Naples contre les violences de la police à la caserne Raniero, et à Cosenza où 13 militants sont accusés d’« association de malfaiteurs avec but terroriste. »

Nous soutenons, coopérons, informons et sommes solidaires avec tous ceux qui subissent des procès politiques utilisés pour accuser le mouvement dans son ensemble. Supportolegale ne fait pas de distinctionentre les différents accusés, pour nous il n’existent pas de « bons » et des « mauvais. »

A Gênes nous étions 300.000 « casseurs. » Nous le sommes toujours, beaucoup le sont encore.

Malheureusement, certains secteurs du mouvement ont oublié ou veulent oublier cela. Soutenir les procès, cela signifie revendiquer sa propre histoire et ne pas permettre que d’autres l’écrivent. Pour assurer une transition dans le futur sur des bases qui excluent la légitimité du blitz à l’école Diaz, l’utilisation des gaz cancérigènes contre les manifestants, les passages à tabac systématiques, les tortures à Bolzaneto etc.

Pour ne pas oublier Gênes, celui qui a été tué à Gênes et tous ceux qui ont été massacrés.

La mémoire est un engrenage collectif que, pour bien marcher, il faut lubrifier avec soin. Par nous tous.

Contacts : comunicazione (a) supportolegale.org

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don Antonio Balletto
Banca carige sede centrale
c/c 61359/80
Code ABI : 6175
Code CAB : 1400

swift code : CRGEITGG040
Iban : IT45 H061 7501 4000 0000 6135 980
causale (**très important**) : sottoscrizione da devolvere alla campagna internazionale indymedia per il genova legal forum

paypal account : donate-glf (a) indymedia.org

Resumes d’audiences : http://nice2.indymedia.org/rubrique_theme.php3?id_mot=11

Source : http://nice.indymedia.org/article.php3?id_article=8857

Par simo - Publié dans : Presentation
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Vendredi 19 mai 2006
(Mediaactivisme et Gênes)

Comme l’ont démontré les précédentes échéances du mouvement contre la globalisation néo-libérale - de Seattle à Québec en passant par Prague ou Nice - la capacité à communiquer, à pratiquer la communication comme moment de la lutte, est devenue un enjeu déterminant pour les acteurs du mouvement. La combinaison des réseaux de médias indépendants « traditionnels » (presse, radios, vidéo) et de la communication alternative via l’Internet a, en particulier, permis au « peuple de Seattle », comme on a désigné ces multitudes en lutte au sein de l’Empire, de conquérir une visibilité et une capacité d’expression à même de contourner la puissance d’occultation des médias mainstream.

Au-delà de ce constat il convient cependant de dépasser la seule auto-satisfaction, et d’interroger - dans la perspective de Gênes, et des échéances qui suivront - les formes et les contenus que nous souhaitons donner à cette communication en mouvement. Nos amis de Carta ont ainsi parfaitement raison lorsqu’ils affirment « Gênes, le sommet des "huit grands", la mobilisation, les forums et la protestation qui y seront organisés, doivent cependant aussi être communiqués à l’opinion italienne et mondiale. Nous ne pouvons attendre que le système des médias (...) veuille ou sache informer sur ce qui se passera de manière abondante, avec le respect et l’intelligence nécessaires, face à la grande pluralité d’évènements et de présences. » [1]

Coopération et visibilité : au delà de la contre-information

Mais justement, si nous voulons être à la hauteur de telles exigences, il nous faut comme le souligne l’appel de Carta effectivement mettre en place à l’occasion de Gênes une coopération large entre tous ceux « qui produisent de l’information sociale, anti-libérale, de gauche », mais surtout penser la nature des dispositifs mis en oeuvre, comme celle des contenus produits, ou encore celle des outils utilisés, dans le sens d’un dépassement d’une communication militante plus proclamatoire que communicante, dans le sens aussi d’un dépassement d’un « simple usage » - c’est-à-dire sans discernement politique - des outils même de la communication en général, et de l’Internet en particulier.

Nous ne pouvons plus nous contenter de penser, par exemple, qu’il suffit de faire du journalisme « autrement », d’utiliser les même moyens, les mêmes traîtements que les médias, juste avec un contenu « différent » ; tout comme nous ne pouvons nous plus contenter de reproduire des discours autoréférenciels de type « tracts », fusse à grande échelle par la magie de l’Internet ; tout comme nous ne pouvons plus non plus nous contenter de diffuser des contenus par des moyens modernes de communication sous des formes si peu communicables.

Communication et mouvements, communication en mouvement

Le mouvement contre la globalisation (peut-être faudrait-il dire d’ailleurs les mouvements), a exprimé une formidable richesse et une tout aussi formidable diversité, dans ses formes comme dans ses contenus. Il s’est surtout caractérisé par une forte capacité à agencer des coopérations concrètes entre toutes ces multitudes qui luttent au sein de l’Empire. Peut-on oublier ces images magnifiques de Seattle où des pacifistes font un sit-in de masse alors que les activistes du Black Bloc s’affrontent à la police, loin des rituels débats stériles sur l’usage ou le non-usage de la « violence » dans les manifestations ? Ou encore celles de Prague et cette incroyable combinaison de formes de la désobéisance civile et de l’action directe par les cortèges de toutes les couleurs ?

Comme le soulignait Beppe Caccia, dans un article écrit juste après Seattle, « Les journées de Seattle (...) ont commencé à articuler les syllabes du langage des nouvelles formes de conflictualité et de libération - « vivre et lutter dans l’Empire » -, de la nouvelle « langue commune » qui se cherche et se construit par appromixations successives. Il est des jours, des heures, des images dans lesquels l’esprit d’une époque semble se condenser, dans lesquels tout semble être plus clair, finalement plus simple : le siège, l’inextricable étau des corps qui, malgré un dispositif de sécurité important, s’est refermé sur le Convention Center, siège du sommet de l’OMC (WTO), en est une. Les premiers balbutiements, puis l’irruption de la prise de parole des « citoyens globaux » (global citizens) et de leurs mouvements pointent donc des directions vectorielles, des lignes de fuite à explorer, à la fois quelque chose de moins et quelque chose de plus d’un modèle organisationnel classique, d’un nouveau paradigme, tout fait, de la conflictualité ». [2]

Le langage du « peuple de Seattle » (qui est finalement tout autant le « peuple » de Prague, de Nice ou de Montréal ou d’ailleurs) est d’abord polyphonie, à l’image de ses mécanismes rhizomatiques, de ses réalités multiples et de ses sujets pluriels. Ce sont ces idiomes qu’il s’agit de mettre en communication et de doter de la visibilité/lisibilité sociale la plus large possible.

Nous croyons donc que les modalités de communication que nous devons mettre en place doivent être à la hauteur de cette richesse, et non la simple reproduction « alternative » d’un rapport médiatique, ou une simple reproduction de discours militants. Elle doit être communication des multitudes, et avant tout pour les multitudes.

Dans cette perspective, et en guise de contribution au débat proposé par la rédaction de Carta, nous souhaitons souligner quelques points qui nous semblent importants.

Multitudes et espace européen

1. Il serait erroné de reproduire de façon exclusive un modèle de « centralisation » des dispositifs de communication alternative de type « centre des médias indépendants » qui offrirait beaucoup trop de prise aux opérations de type répressif. Souvenons nous qu’à Seattle le centre de convergence de l’IMC fut rapidement la cible de tentatives de blocus policier, ou encore qu’à Davos le studio mobile d’Indymedia fut largement rendu innopérant par le dispositif de quadrillage militaire qui l’empêcha de rejoindre dans des temps raisonnables ce petit village de montagne transformé en forteresse.

Nous devons nous donner les moyens - en particulier matériels - pour pouvoir fonctionner en réseau, coopérer et produire ensemble, tout en préservant le caractère rhizomatique de notre fonctionnement et de nos structures, être mobiles, diffus, tout en construisant des instances communes dont la force sera de s’appuyer sur des réalités et des expériences multiples.

2. Nous sentons dans le document de Carta, du moins tel qu’il peut être lu d’ici, une sorte d’auto-limitation (sans doute involontaire) à une dynamique très « italo-italienne » qui nous semble en-deçà des exigences d’une initiative comme celle de Gênes. Dans les cortèges, dans les assemblées, dans les débats on parlera italien, anglais, français, castillan, ou encore finnois ou allemand, avec probablement tant d’accents différents et de variantes locales. Mais au-delà des variantes linguistiques, il y aura aussi tant d’autres idiomes : l’écolo, les « tute bianche », le chrétien pacifiste, les divers sous-branche de l’argot « antagoniste », le libertaire à colloration syndicaliste ou le libertaire parfum squatter, le refondateur communiste, etc.

Et c’est bien toute cette diversité - que nous avons défini justement comme la polyphonie du mouvement - à laquelle nous devons ouvrir des espaces d’expression et des lieux d’information. Car c’est bien à toute la richesse des formes de désobéissance civile et d’action directe qui s’exprimeront dans les rues et les assemblées de Gênes qu’il faut donner la possibilité de conquérir une visibilité politique au-delà des médiations, tant journalistiques qu’institutionnelles, et au-delà des frontières, ce qui signifie bien qu’elle doit parler toutes les langues et les idiômes de la contestation. De fait, à Gênes la communication alternative se doit d’être polyphonique et coopérative : s’il en était autrement, nous serions en-deçà de la réalité du mouvement.

Logiciel libre et langages

1. Sur le terrain qui est plus particulièrement le nôtre - celui de l’utilisation de l’Internet et des outils logiciels - nous croyons qu’il faut se doter d’outils en adéquation avec le type de communication que nous souhaitons mettre en pratique. Nous pensons en particulier qu’il faut exploiter toutes les ressources des outils logiciels libres pour créer/inventer des dispositifs multlingues et multimédias, pour diffuser des textes, des news, des sons, des images qui puissent être utilisés par l’ensemble du réseau des médias alternatifs et activistes.

En nous appuyant sur les serveurs alternatifs qui utilisent GNU/Linux (nous pensons plus particulièrement à Isole nella Rete, Sindominio, samizdat.net, Indymedia pour ne parler que de notre propre réseau de contacts), en nous appuyant sur l’expérience comme celle des hacklabs italiens, du Gugs de Sindominio, ou la notre propre en matière de logiciel libre, nous avons les moyens de créer d’ici Gênes - si la volonté politique existe - un dispositif d’une rare puissance, qui n’aura rien à envier à celui des médias dominants. Notre hypothèse étant clairement que ce ne sont plus les moyens et les outils d’une communication alternative à grande échelle qui nous manquent, et qu’il ne tient qu’à nous désormais de mettre en oeuvre un tel potentiel.

2. Comme nous l’avons dit, Gênes doit être aussi l’occasion de communiquer autrement, de faire plus que du journalisme « engagé », et plus que simplement reproduire des proclamations politiques. Nous devons mettre en place une sorte de rédaction diffuse, une maille de correspndants qui sont aussi des acteurs des initiatives de rue, pour témoigner et amplifier ce que seront les journées de Gênes de manifestations en forum, de happenings en fanfares...

Une agence européenne temporaire de communication alternative

« En somme, la révolte nous impose les échéances. Elle signale les pistes pour se mettre en marche, tout en nous posant des questions » [3]. Et c’est bien la qualité de la dynamique du mouvement contre la « mondialisation néo-libérale » qui semble nous imposer aujourd’hui d’être créatifs et audatieux.

Justement, en décembre dernier au cours de la zeligConf [4] nous avions évoqué la perspective d’une « agence européenne » de communication alternative. Nul ne sait si une telle structure verra un jour le jour de façon permanente et/ou formelle, mais peut-être pouvons nous, à l’occasion de l’opposition au G8 de Gênes, faire fonctionner en actes une véritable « agence » du mouvement. Et montrer ainsi aux puissants de ce monde, à leurs géants de l’industrie de l’information, que nos « médias intimes » - pour reprendre l’expression d’Hakim Bey [5] - seront riches des paroles qu’ils ne sauraient entendre, riches des images qu’ils ne sauraient voir, riches de cette vie qui s’insurge contre la domination de l’Empire.

C’est en tout cas ce que nous souhaitons, et ce à quoi nous tenterons de nous atteler ici, avec nous amis d’Indymedia France par exemple, et sans doute bien d’autres, du moins nous l’espérons.

« Aujourd’hui, ils ont un nouvel empire, sur toute sa surface ils imposent une nouvelle servitude de la glèbe, ils se prétendent patrons de la Terre et de la Mer. Contre eux, encore une fois, nous, multitudes, nous nous soulevons » [6].

Aris Papathéodorou, Ludovic Prieur




[1] Carta, Communiquer Gênes.

[2] Beppe Caccia, « Seattle, vivre et lutter dans l’Empire », Posse, Rome, numéro 1, printemps 2000.

[3] Beppe Caccia, op.cit.

[4] Voir les matériaux de la conférence sur http://www.zelig.org.

[5] Hackim Bey, « Le credo médiatique fin de siècle ».

[6] Wu Ming, « Des multitudes d’Europe en marche contre l’Empire et vers Gênes », publié sur samizdat.


Par mina - Publié dans : textes sur gênes (en français)
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Mercredi 17 mai 2006
http://legitimedefense.over-blog.org/album-200558.html
Par Lollo - Publié dans : Photos
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Mercredi 17 mai 2006
Da: http://freeweb.supereva.com/circoloiskra.freeweb/repressione/nazionale/genova/dossier/dossier-genova.htm?p? Volantino distribuito alla manifestazione di Genova del 21 luglio da settori vicini ai Black Block Parabellum* Ieri abbiamo assistito a una grande giornata di democrazia; infatti tutti gli spezzoni del corteo, democraticamente, senza che fossero operate distinzioni di sesso, razza, religione, idea politica ecc., sono stati caricati, picchiati, sparati dalle forze dello Stato, fino all'esecuzione di piazza Alimonda. Chi nei mesi scorsi ha operato affinché la manifestazione di Genova si riducesse a una innocua e inutile passeggiata sotto i riflettori dei media, come quella dell'anno scorso, si è trovato spiazzato e non ha potuto far altro che deplorare gli avvenimenti, chiamando alla calma e all'abbandono della strada, proprio mentre questa intonava la vecchia bella canzone della rivolta. Gli Agnoletto, le Francescato, i Casarini, i Farina devono essere espulsi dal movimento per la gravità dei comportamenti tenuti e delle dichiarazioni rilasciate ieri. Diversamente da ciò che questi infami (e il loro pastore Bertinotti) sostengono, gli scontri non sono stati provocati da poche centinaia elementi estranei alla manifestazione, ma hanno visto un'ampia e decisa partecipazione, grazie alle quale l'arroganza delle forze dello Stato è stata contenuta e sono state estirpate dalle strade di Genova varie concrezioni di morte (in primis le banche) e numerose brutture mercantili. Nella pratica, l'ideologia pacifista si è rivelata per quello che è: un elemento di debolezza mortale. Perché nel luglio 1960 le forze dell'ordine non si azzardarono a sparare, nonostante la gravità degli scontri, e ieri, invece, l'hanno fatto? Perché allora sapevano che avrebbero dovuto scontare una risposta adeguata all'offesa. La giornata di ieri ha messo in chiaro la differenza che passa tra i cieli dell'ideologia demo-contrattualista del Genoa Social Forum, delle Tute bianche & Co. e la natura terrena dei rapporti sociali, dove i problemi non sono mai di forma ma di forza, e dove l'Enfermé (Blanqui) continua ad avere ragione, oggi come centocinquant'anni fa. Salutiamo il Black Block e tutti gli anonimi compagni che si sono battuti con coraggio. Negli scontri di piazza di ieri è emersa quella comunità universale di lotta che costituisce il senso profondo dell'azione degli uomini quando si levano contro il dominio del capitale e dello Stato. Sì al movimento reale e a tutti i comportamenti che rompono con la passività. Oggi più decisi di ieri! Alcuni individui sostenitori della comunità umana *Parabellum è la pistola mitragliatrice Beretta M12/S con caricatore da 32 colpi 9mm
Par Lollo - Publié dans : textes sur gênes (en français)
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Mardi 16 mai 2006
Quatre ans après les journées de Gênes, une année encore d'effort de mémoire et de soutien.
De mémoire pour que l'histoire de ces journées ne soit pas écrite par les tribunaux et pour que la compréhension de ce qui s'est passé nous accompagne pour faire face à l'hypocrisie quotidienne stupide et égocentrique du pouvoir. Ces quatre années passées font pour certains partie de l'histoire; mais pour d'autres, c'est une histoire qui se déroule maintenant chaque semaine dans les tribunaux.
De soutien parce que les 25 personnes accusées de "dévastation et saccage" représentent dans la meilleure des hypothèses une vengeance sans discernement de ceux qui justifient quotidiennement l'injustice et la violence sociale; dans la pire, une preuve de comment et à quel point il est possible de frapper toute forme de lutte, transversalement, en faisant abstraction de la diversité des pratiques et lectures de la situation. Depuis plus d'un an et demi, Supporto Legale (soutien juridique) suit les procès de Gênes et soutient financièrement et techniquement le secrétariat juridique du GLF (Genoa Legal Forum). Non pas pour donner une légitimité politique aux tribunaux d'un Etat qui répond aux instances politiques portant la contestation par la militarisation des territoires. Ni parce qu'on attend justice dans une salle de tribunal. Mais simplement parce que c'est aussi par la compréhension des mécanismes de répression qu'il est possible d'agir et de réagir en connaissance de cause dans l'espace où nous nous trouvons, et que nous devons reconquérir chaque jour.
Par mina - Publié dans : textes sur gênes (en français)
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Mardi 16 mai 2006
tb, www.peripheries.net/i-genes.htm
hns - hackacktivist news
les penepoles 
À voir sur le site du Centre de Media Indépendant Paris - Île de France:
http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=36970

Starhawk sera à Paris, le 21 mai au Théâtre de Verre, de 18h à 20h, 25-27 rue de l'Echiquier, métro Bonne Nouvelle, une première escale européenne avant de rejoindre la préparation du contre-sommet du G8, à Gleneagles, en Ecosse, en juin.
Pour tout renseignement : starhawk.a.paris@no-log.org

GENES : POSER LES BONNES QUESTIONS
Gênes a été un point tournant pour le mouvement anti-globalisation. Il est clair maintenant que dans le premier monde également, il s'agit d'un combat à mort... comme cela l'a toujours été dans le tiers-monde. Notre réponse tranchera : La répression nous a-t-elle détruits ou nous a-t-elle renforcés ?
Afin de revenir plus forts, nous avons à comprendre ce qui s'est vraiment passé là-bas...

Les médias racontent une seule histoire à propos de Gênes : « Un petit groupe de protestataires violents s'est déchaîné et la police a réagi de manière excessive. » J'ai entendu des variations sur le même canevas à l'intérieur même du mouvement : « On aurait permis au Black Bloc de se déchaîner afin de justifier la violence policière. » Mais ce n'est pas ce qui est arrivé à Gênes... et si nous construisons le problème de cette manière, nous resterons fixés aux mauvaises questions.
Soyons clairs : à Gênes nous avons eu affaire à une campagne soigneusement orchestrée de terrorisme d'État. Cette campagne a inclus la désinformation, l'usage d'agents infiltrés et de provocateurs, la collusion avec des groupes ouvertement fascistes (et je ne veux pas dire fascistes au sens vague où la gauche utilise parfois le terme, je veux dire fascistes au sens d'héritiers directs des traditions de Mussolini et d'Hitler). Cette campagne incluait également le gaz lacrymogène et le tabassage, une brutalité policière omniprésente, la torture de prisonniers, la persécution politique des organisateurs. Et elle incluait aussi un raid de nuit terroriste, contre des gens endormis, par des forces spéciales qui portaient des T-shirts marqués « Polizia » sous des sweat-shirts noirs... ils ont cassé des os, brisé des dents, cogné des crânes de protestataires qui n'avaient pas tenté de leur résister.

Ils ont fait tout cela de manière ouverte, d'une façon qui signifiait qu'ils n'avaient pas peur des conséquences et s'attendaient à une protection politique aux échelons les plus élevés. Cette attente n'implique pas seulement le régime proto-fasciste de Berlusconi en Italie, mais, par association, le reste du G8, et spécialement les États-Unis, puisqu'il est avéré aujourd'hui que des policiers de Los Angeles ont aidé à entraîner les plus brutales des forces spéciales. STRATEGIE

DE LA TENSION
En Italie, l'usage de tactiques de ce genre a une histoire qui remonte à la «stratégie de la tension » à laquelle on a eu recours contre la gauche dans les années 70. En fait, elle remonte encore plus haut, vers les années 20 et 30 ‑ qui ne semblent pas si éloignées lorsque vous entendez les prisonniers décrire comment ils ont été torturés dans des pièces dont les murs arboraient la photo de Mussolini. Cela remonte peut-être même jusqu'à la Renaissance sinon jusqu'à la Rome antique. Les mêmes tactiques ont bien sûr été largement utilisées aux États-Unis et dans d'autres pays. L'Italie a, d'autre part, une culture politique d'actions de confrontation directe et de combats de rue avec la police, mais aussi des groupes pacifistes puissants et des groupes comme les Tute Bianche qui explorent de nouveaux territoires politiques au‑delà des définitions traditionnelles de la violence et de la non-violence. Tout cela a construit la scène où se sont joués les événements de la manifestation contre le G8.
À Gênes, la police a utilisé de manière très efficace le Black Bloc ou, plus précisément, le mythe et l'image du Black Bloc ‑ et cela pour ses propres fins, non les nôtres. Certains aspects de la tactique du Black Bloc ont rendu la chose facile : leur anonymat, les masques et les signes vestimentaires faciles à identifier, les tactiques de confrontation auxquelles ils sont prêts, et les dégâts à la propriété auxquels ils se livrent. Et peut-être, de manière plus significative encore, leur manque de relations avec le reste de l'action et avec les organisateurs.

Mais ce n'est pas le Black Bloc qui a été la source du problème à Gênes. C'est l'État, c'est la police et la violence fasciste. À Gênes, des actes irresponsables et inadmissibles ‑ quel que soit le point de vue ‑ ont été commis. Ils ont été attribués aux protestataires alors que la plupart semblent désormais avoir été commis par la police. Même lorsque ce n'est pas le cas, les provocateurs de la police étaient si omniprésents qu'il est impossible de dire ce qui pourrait avoir été fait par les participants de notre mouvement ou de tenir quiconque pour responsable.

Ainsi, le problème que Gênes nous pose n'est pas « comment contrôler les éléments violents parmi nous ? », quoique ce puisse devenir un jour un véritable problème. Le problème est : « Comment empêcher une nouvelle campagne de mensonges, de violence instiguée par la police et de représailles ? » Il n'y a pas de réponse facile à ce problème. La stratégie la plus simple serait d'en revenir à une forme de non-violence stricte ‑ et c'est ce que beaucoup proposent. Je ne sais pas pourquoi, mais je résiste à cette réponse. Je me suis faite depuis longtemps avocate de la non-violence. je n'ai pas la moindre intention de jeter un jour une brique dans une vitrine, ou de lancer une pierre sur un flic, et, de manière générale, je trouve que casser des vitrines et combattre les flics dans une action de masse est au mieux contre-productif, au pire suicidaire.
Comment pourrait-on utiliser le même mot pour décrire ce qui s'est passé lors de nos actions, y compris par les éléments les plus déchaînés de notre mouvement, et ce que les flics ont fait à Gênes ? Si casser une vitre et riposter lorsque les flics attaquent est de la « violence », donnez-moi un autre mot, un mot mille fois plus fort, pour décrire des flics frappant des gens qui ne résistent pas jusqu'à ce qu'ils tombent dans le coma.

D'autre part j'aime bien le Black Bloc. J'ai été dans beaucoup d'actions où ils étaient fortement présents. À Seattle, j'étais vraiment furieuse contre eux à cause de leur décision, qui me semblait unilatérale, de rompre des accords que tous les autres avaient acceptés. À Washington en 2000, j'ai constaté qu'ils se conformaient à des consignes avec lesquelles ils étaient en désaccord et à la formulation desquelles ils n'avaient pas participé, et cela m'a inspiré du respect envers eux. J'ai été assise sous les sabots des chevaux de la police avec certains d'entre eux lorsque nous avons arrêté la charge qui balayait une rue pleine de monde, en utilisant une tactique que Gandhi lui‑même n'aurait pu critiquer. J'ai étouffé avec eux dans le gaz lacrymogène à Québec, et je les ai vus s'abstenir de s'attaquer aux biens privés lorsqu'ils ont eu affaire aux habitants. je suis liée. Oui, il y a eu des moments où certains m'ont mise en rage, mais ce sont mes camarades et mes alliés dans ce combat et je ne veux pas les voir exclus ou diabolises. Nous avons besoin d'eux ou de gens comme eux. Il nous faut de la place dans notre mouvement pour la rage, l'impatience, la ferveur militante, pour une attitude qui proclame : « Nous sommes des voyous, des chiens enragés, et nous allons démolir ce système. » Si nous nous coupons de cela, nous nous affaiblirons.

DES FORMES DE LUTTE QUI ECHAPPENT A TOUTE CATEGORIE
Nous avons aussi besoin de pacifistes à la Gandhi. Nous avons besoin d'espace pour la compassion, pour la foi, pour une attitude qui proclame : « Mes mains feront ceuvre de miséricorde, et non oeuvre de guerre. » Nous avons besoin de ceux et celles qui refusent de commettre des violences parce qu'ils ne veulent pas vivre dans un monde violent.
Et nous avons besoin d'espace pour ceux et celles d'entre nous qui essaient d'explorer des formes de combat qui échappent à toutes catégories. Nous avons besoin d'une créativité radicale, d'espace pour expérimenter, pour fabriquer un nouveau territoire, inventer de nouvelles tactiques, faire des erreurs.
Il existe des campagnes menées aujourd'hui sur un mode clairement et strictement non violent. Les consignes y ont été respectées et nul participant vêtu de noir et jetant des pierres n'a tenté d'y imposer d'autres tactiques.
Mais les actions dirigées contre les grands sommets ont tiré leur force d'un éventail politique beaucoup plus large, depuis les syndicats et les ONG, jusqu'aux anarchistes révolutionnaires. Tous ces groupes s'arrogent le droit de critiquer les belles grosses cibles que ces sommets représentent.
Comment créer un espace politique capable d'inclure toutes ces contradictions et en plus de survivre à la répression intense dont nous sommes l'objet ?
Comment aller là où aucun mouvement social n'est allé auparavant ?
En tant qu'anarchiste, faire un travail de type policier ne m'intéresse pas. Telles sont peut‑être les questions que nous devons vraiment poser. Dans une situation où il y va de la vie et de la mort, il est très tentant d'essayer d'exercer plus de contrôle, de fixer des règles, de se surveiller les uns les autres, de faire retraite vers des terrains apparemment sûrs. Mais tout ce que je sens me dit que faire retour à ce qui semble sûr, éprouvé et vrai est une erreur. En tant qu'anarchiste, faire un travail de type policier ne m'intéresse pas.
Je voudrais appeler chacun à plus de liberté, pas à moins, sachant que cela signifie aussi une plus grande responsabilité et un plus grand risque.

Utiliser des provocateurs pour inciter à la violence afin d'en faire porter le blâme à des dissidents et qu'ils soient prétexte à la répression est une manière éprouvée, et en général efficace, de détruire les mouvements radicaux.

Mais c'est une stratégie qui mise sur le familier, le prévisible. Identifier des provocateurs au milieu de l'action, c'est comme utiliser des produits insecticides contre les parasites d'un jardin : la toxicité du produit, du soupçon, le secret et le manque de confiance peuvent être aussi empoisonnants que les parasites.
Mais les plantes sont capables de résister aux parasites si elles poussent dans un sol sain. je voudrais suggérer que trois produits nourriciers peuvent nous rendre plus résistants aux parasites : la connexion, la solidarité et la créativité.


NOUS DEVONS NOUS CONNECTER
Nous devons nous connecter. Nous ne pouvons plus nous permettre de mener, lors d'une même manifestation, des combats parallèles mais déconnectés. Il nous faut énoncer clairement nos intentions et nos buts pour chaque action, et demander leur soutien aux autres. Il se peut que nous devions argumenter et lutter les uns avec les autres, négocier et accepter des compromis. S'accorder clairement à propos des tactiques à envisager peut parfois être la meilleure manière de faire obstacle aux provocateurs. Mais les accords ne sont des accords que lorsque chacun participe à leur production. Si une partie du mouvement essaie de les imposer, ce ne sont plus des accords mais des décrets, et de plus des décrets qui ne seront pas respectés et que nous n'avons pas le pouvoir de faire respecter.
Une telle concertation implique des risques des deux côtés, mais ces risques doivent être courus, bien sûr de manière intelligente et réfléchie. Nous devons privilégier la concertation entre nous, plutôt que notre position par rapport à nos sources de financement ou à notre culture de sécurité.

Si la tactique que j'ai choisie rend impossible que je parle avec toi, je dois me demander s'il s'agit d'une bonne tactique pour une action de masse. Dans ce dialogue, nous devons mener une vraie lutte pour nous respecter les uns les autres. Personne n'a à revendiquer une position morale élevée. Nul d'entre nous ne peut fixer unilatéralement l'agenda, déterminer la forme de ce que nous faisons ou en décréter la politique. Ceux qui plaident pour la non-violence ‑ dont un des axes principaux est le respect envers l'adversaire ‑ doivent la pratiquer à l'intérieur du mouvement. On ne peut pas se borner à disqualifier le Black Bloc et d'autres groupes militants comme « rebelles négatifs » ou adolescents immatures qui se défoulent. Ils ont une perspective politique qui est sérieuse, réfléchie, et qui mérite d'être prise au sérieux.

Mais cela signifie aussi que les groupes plus militants doivent arrêter de qualifier ceux qui soutiennent la non‑violence de bourgeois, passifs et couards. Le courage du Black Bloc est digne de respect, mais il faut un courage d'un autre genre pour s'asseoir devant les flics antiémeutes sans bâtons ni pierres ni cocktails Molotov. Il faut du courage pour agir à visage découvert, pour s'organiser dans sa propre ville, là où l'on ne peut disparaître, où l'on doit accepter la conséquence de nos actes. La « non-violence » ne signifie pas l'absence de confrontation ou « le désir de rester sagement sur le côté ».
L'essence de la lutte politique non violente est de créer des confrontations intenses ‑ qui révèlent la violence du système ‑ puis d'en supporter les conséquences. Bogota, 1er mai 2005
Dans le climat répressif d'aujourd'hui ‑ lorsque des religieuses de 88 ans sont condamnées à un an de prison pour des actions complètement pacifiques ‑, les risques de la non-violence peuvent être beaucoup plus graves que les risques du combat de rue anonyme. Nous avons également à nous connecter avec une communauté plus vaste, et cela avant l'événement, pas en réaction, après coup. Nous devons informer les gens de nos intentions et de ce que les paramètres de l'action pourraient être. Imaginons que le Black Bloc mette des affiches : « Si vous voyez un groupe de personnes masquées piller des petits magasins, brûler des voitures privées et mettre en danger vos enfants, demandez-leur leur numéro de badge ! Ce sont des flics ! Car nous sommes le Black Bloc et ce n'est pas ce que nous faisons. » Il nous faut parler à ceux-qui-ne-sont-pas-déjà-convertis, au porte-à-porte ‑ ne pas leur faire la leçon, mais leur demander comment ils vivent et comment ils entendent nos questions... afin qu'ils nous soutiennent. NE

VERITABLE SOLIDARITE
Il nous faut pratiquer une véritable solidarité les uns envers les autres. La solidarité, ce n'est pas seulement ne pas dénoncer les autres dans les médias ou faire des veilles pour ceux qui sont gardés en prison. Cela signifie mettre le bien de tous au-dessus de nos désirs immédiats et strictement individuels, et même au-dessus de notre sécurité personnelle. Cela signifie soutenir les intentions et les buts des uns et des autres, même lorsque nous ne sommes que partiellement d'accord avec eux... et cela non pas seulement en disant « fais ton propre truc, et je ferai le mien » mais en prenant vraiment la responsabilité de nos actions et de l'impact qu'elles ont au-delà de nous-même ou de notre groupe proche. Une plus grande liberté exige une plus grande responsabilité
Dans une action de masse, les décisions individuelles ont un impact collectif. Certaines tactiques ont le même effet que le type qui monopolise la parole dans une rencontre : elles prennent tout l'espace disponible et empêchent les autres d'être entendus. Les flics ne sont pas amateurs de distinctions fines : si un groupe jette des cocktails Molotov et brise les vitres des magasins, cela peut affecter la manière dont la police réagira au groupe pacifiste un bloc plus loin. Les habitants eux aussi peuvent ne pas saisir la différence subtile entre brûler la banque du coin et brûler le magasin du quartier. Ainsi, de même qu'un bavard doit apprendre à se retenir de temps en temps et à la fermer afin de donner à d'autres la possibilité d'être entendus, les tactiques de confrontation directe intense doivent parfois accepter des restrictions dans le seul but de permettre à d'autres possibilités d'exister. La solidarité concerne ce que nous faisons dans la rue. Cela signifie se protéger les uns les autres aussi bien que nous le pouvons, et évidemment ne pas nous mettre délibérément en danger. Bien sûr, les idées d'un groupe à propos de la protection peuvent correspondre aux idées d'un autre à propos du danger. Une barricade peut sembler une protection, mais si votre stratégie est une désescalade de la tension, une barricade peut en fait rendre votre situation plus dangereuse. Nous devons respecter nos choix, ceux des uns et des autres parmi nous.
La solidarité signifie que si je suis assise devant une ligne de flics antiémeutes, et que vous êtes derrière moi, je peux me fier à vous pour empêcher la foule de me piétiner et pour ne pas jeter de pierre pardessus ma tête. Et que si vous enfoncez une ligne de flics et que je suis derrière vous, je suis là pour vous aider, pas pour vous retenir. Nous avons le droit de demander la solidarité de tous ceux qui veulent sortir ensemble dans la rue. Bogota, 1er mai 2005
La solidarité concerne également le fait de se tenir les uns les autres pour responsables, de critiquer ce que nous faisons ensemble dans le but d'apprendre à partir de nos erreurs et de devenir plus efficaces. Critiquer n'est pas attaquer : une bonne critique est un signe de respect, elle veut dire « je sais que toi et moi nous partageons un intérêt commun à faire mieux marcher les choses ».


ETRE CREATIF
Et peut-être plus que tout, il nous faut être créatifs. Nous pourrions éventuellement, juste pour activer nos idées, organiser une action avec une simple consigne : aucune tactique fatiguée, éculée n'est autorisée. Pas d'arrestation symbolique pour un franchissement de ligne, pas de briques dans les vitrines de Starbucks. Et s'il vous plait, s'il vous plaît, pas de chants ennuyeux, recyclés depuis la guerre du Vietnam ou même avant. À tout le moins ce serait une expérience de pensée utile.
Nous avons besoin de penser hors des barrières et des boites. Nous avons besoin de créer l'imprévu, de changer de vêtements, de changer de tactiques, d'être là où ils ne nous attendent pas, de faire ce qu'ils ne s'attendent pas que nous fassions. S'ils s'attendent à ce que nous saccagions les McDonalds, nous serons là à perturber le service en distribuant de la nourriture gratuite et en demandant à ceux qui y travaillent comment la globalisation les affecte. S'ils attendent des militants vêtus de noir, les militants s'habilleront couleur lavande et les pacifistes mettront en scène les Funérailles de la Démocratie vêtus dans les voiles noirs du deuil. S'ils s'attendent à ce que nous marchions tranquillement par groupes de cinq pour nous faire arrêter, nous disparaîtrons pour réapparaître tout à fait ailleurs. Si un noyau dur de combattants de rue renverse une barrière, les religieuses de 88 ans seront les premières à faire intrusion dans la zone rouge. S'ils transforment un lieu de rencontre en forteresse et se massent sur les murs, nous nous approprierons le reste de la ville. S'ils cachent leurs sommets dans des endroits inaccessibles, nous choisirons notre propre terrain. Ce sont des défis difficiles, mais les temps eux aussi sont difficiles et cela ne va pas s'améliorer. J'ai déjà vu trop de mouvements faire scission et échouer, ou s'exposer à la mort dans des actions toujours plus extrêmes et suicidaires... ou encore étouffer de moralisme auto-satisfait. je veux gagner cette révolution. je ne pense pas que nous ayons les moyens écologiques et sociaux d'en mener une autre si celle-ci échoue. Et les chances de la gagner sont si minces que nous ne pouvons pas nous permettre d'être quoi que ce soit d'autre qu'intelligents, bons stratèges et unis les uns aux autres.
Nous devons être au coude à coude même lorsque nous ne sommes pas d'accord. Et si nous en sommes capables, si nous pouvons conserver les différences au sein de notre mouvement, nous aurons alors fait un pas en avant vers les défis encore plus grands, auxquels nous aurons affaire lorsque nous aurons gagné et que nous devrons reconfigurer un monde profondément divers. 


Lire aussi : Ce que nous essayons de faire... Seule la poésie... Le petit a embrassé le soldat Quand le pont tremble à Québec La Sorcellerie Capitaliste
Starhawk sur Périphéries.net « Quitter la terre ferme des certitudes »  Starhawk sur Wikipedia (Fr)

Ce texte est extrait du recueil « PARCOURS D'UNE ALTERMONDIALISTE » de Starhawk, Traduit par Isabelle Stengers et Edith Rubinstein Paru dans la collection « Les Empêcheurs de tourner en rond », Le Seuil - ISBN 2-84671-093-7
Du même auteur, même collection : « Femmes, Magie et Politique »

Annonce sur http://www.starhawk.org/starhawk/schedule.html

Saturday, May 21 Paris,
Talk Starhawk will talk about the practice and ideals of blending spirituality and politics, from the Reagan era to the Bush leagues. Her remarks will be simultaneously translated into French. For more information, contact Isabelle and Alexandra at starhawk.a.paris@no-log.org

NOTES
(1) G8 : la police en accusation Des violences commises par les forces de l'ordre lors du G8 de Gênes en juillet 2001, on garde avant tout en mémoire la mort de Carlo Giuliani, ce jeune militant altermondialiste tué à bout portant par un carabinier. La justice italienne va prochainement examiner d'autres chapitres sombres de la répression policière, dont on a pu vérifier depuis qu'elle avait été orchestrée par le gouvernement Berlusconi. Un juge gênois a fixé au 12 octobre l'ouverture d'un procès où comparaîtront 45 personnes accusées de sévices. Parmi elles, un sous-préfet, des policiers, des carabiniers et des membres de l'administration pénitentiaire de la caserne de Bolzaneto, où ont été commis la plupart des sévices. Les charges sont lourdes : ils auraient battu quelque 150 protestataires, pour la plupart étrangers, les auraient frappés dans les parties génitales, traînés par les cheveux. Tous les manifestants ont été victimes d'injures et certains auraient été humiliés en étant contraints de mettre la tête dans les toilettes et d'aboyer comme des chiens. Ces accusations sont formulées dans un rapport accablant de 534 pages, établi par deux juges, qui décrivent « une zone de non-droit » et déplorent «des comportements graves qui auront du mal à être oubliés ». Selon un bilan officiel, une centaine de personnes ont été blessées lors de la répression des manifestations de Gênes, mais des sources rapportées par l'envoyé spécial de l'Humanité à l'époque avaient fait état de plus de 600 blessés. Paul Falzon, L'Humanité, 18 mai 2005
(2) Avertissement : Les intertitres et les liens ne sont pas de Starhawk
Par mina - Publié dans : textes sur gênes (en français)
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Mardi 16 mai 2006

Cet appel a circulé en 2001 à Paris. Les signataires ont manifesté leur solidarité. peut-être ils se sent encore solidaire!
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Après Gênes, appel à la mobilisation internationale contre la répression !

publié le 21 juillet 2001

L’ampleur de la mobilisation internationale contre le G8 à Gênes du 19 au 21 Juillet 2001 témoigne de l’avancée grandissante des mouvements qui luttent pour un autre monde.

Ce sommet du G8 s’achève sur un échec patent : aucune mesure n’a été prise en matière d’annulation de la Dette des pays pauvres ; en matière d’environnement, le protocole de Kyoto reste bloqué ; les mesures annoncées pour lutter contre le Sida sont dérisoires face aux besoins des populations concernées...

Ce sommet a été marqué par une répression policière et militaire particulièrement féroce (tir à balles réelles, utilisation de blindés contre les manifestants, rafles...), qui a abouti à la mort d’un manifestant, à plusieurs centaines de blessés graves, à de nombreuses arrestations et à des sévices (nombreux témoignages d’actes de torture, passages à tabac, menaces de viol...). Cette violence à l’égard des manifestants a été précédée et accompagnée de provocations policières scandaleuses, d’atteintes aux droits fondamentaux de circulation, de réunion, d’expression et de manifestation ; ces méthodes fascisantes des autorités italiennes s’inscrivent dans une logique de criminalisation des mouvements sociaux accrue depuis Seattle.

Cette politique de criminalisation n’entrave pas le développement des résistances d’un bout à l’autre de la planète. Ceux qui persistent, à travers le G8, à se présenter comme les maîtres du monde ne peuvent plus prétendre à cette légitimité. Devant la gravité de cette situation les organisations soussignées appellent à :
-  se rassembler le mardi 24 juillet à 14 h au métro rue du Bac à Paris, pour se rendre devant l’ambassade d’Italie et auprès du ministère des affaires étrangères, en solidarité avec la mobilisation en Italie au même moment ; - manifester à Paris, jeudi 26 juillet à 18 h 30 à partir de Montparnasse, (en haut de la rue de Rennes) ; et à organiser partout, dans toutes les villes, des mobilisations de même nature.

A travers ces mobilisations, nous voulons : - dénoncer la répression policière et militaire orchestrée par le gouvernement italien et le G8 ; - exiger la libération immédiate de toutes les personnes emprisonnées à l’occasion des manifestations de Gênes et l’arrêt de toutes les poursuites ; - exiger l’établissement de toutes les responsabilités politiques et policières dans les violences ; - exiger qu’en toute circonstance soit respectée le droit de circulation des personnes et le droit de manifestation. Les organisations partie-prenante de cet appel, en convergence avec les différents réseaux de lutte internationaux, se mobilisent pour que des initiatives semblables aient lieu dans tous les pays. Elles décident, en outre, de mettre en place une commission chargée de recenser tous les témoignages de ceux et celles qui ont été victimes de ces exactions afin d’engager les poursuites judiciaires à tous les niveaux, nationaux et internationaux

Les signataires de cet appel sont :
CGT Finances , CNT, Confédération paysanne, FSU, UNEF, Union syndicale-G10 Solidaires, AC !, Act Up-Paris, ACHP, AITEC, APEIS, Article 11, ATTAC, CEDETIM, Chiche, Coordination des groupes femmes égalité, Coordination nationale des sans-papiers, Droits Devant ! !, DAL, LDH, Marches Européennes contre le chômage, Marche mondiale des femmes, MFPF Paris, MRAP, ODU, Raisons d’agir, Souriez vous êtes filmés, UJFP, VAMOS ( Aaarg, Attac-université, L’Etincelle, JCR, Sud-Etudiants), AL, FA, JCR-Red, LCR, Les Alternatifs, Les Verts-Paris, PCF, PCOF, Refondazione communista.

http://www.intergalactique.lautre.net/article.php3?id_article=323.

Par simo - Publié dans : textes sur gênes (en français)
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Mardi 16 mai 2006

Gênes 2001 n’est pas fini

Soirée de Solidarité

Les consequences judiciares du contre-sommet à Gênes.

 

Cinq ans se sont écoulés depuis le sommet du G8 à Gênes en Juillet 2001 où les manifestations avaient reuni plus de 300 000 personnes. Parmis eux, quelques uns sont aujourd’hui accusés par la justice italienne et risquent des peines de 8 à 15 ans de prison. Parce que nous avons tous vecu Gênes, notre solidarité avec ceux qui en subissent les consequences judiciares doit aller de soi.

Les procés de Gênes n’ont fait que commencer. Le procés pour la violente perquisition de l’école Diaz, celui contre les mauvais traitements (la torture n’existe pas dans la loi italienne) subis par les personnes arrêtes dans la caserne de Bolzaneto, ainsi que celui contre 25 manifestants accusés de « dévastation et pillage » sont peut-être les plus connus, mais ils ne sont pas les seuls procedures judiciares contre les manifestants.

Depuis plus de quatre ans, avocats et activistes à Gênes travaillent ensemble pour gérer les nombreux dossiers de ces procés et coordonner l’aide légale, analyser systématiquement le matériel audiovisuel et diffuser des informations sur les procés. Le financement de leur travail depend de nous.

 

Dans le but de diffuser les nouvelles des procès gênois, de faire revivre les liens de solidarité entre ceux qui étaient à Gênes en 2001 et surtout dans le but de recolter de l’argent pour aider au financement de structures solidaires à Gênes, une soirée sera organisée à Paris le 17.06.06

Par mina - Publié dans : Presentation
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Mardi 16 mai 2006
voici un example d'une soirée suppo(s)to à Amsterdam avec petit lançeur des pierres
Par mina - Publié dans : Presentation
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